Euro 2016 : le pays de Galles crée l’exploit face à la Belgique et affrontera le Portugal en demi-finale

Euro 2016 : le pays de Galles crée l’exploit face à la Belgique et affrontera le Portugal en demi-finale

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Les Gallois célèbrent leur victoire, le 1er jullet.

Et le stade Pierre-Mauroy a chaviré, rouge de bonheur, en cette fin de soirée, vendredi 1er juillet. A dire vrai, plutôt un petit virage du stade puisque ce n’était pas le rouge de la Belgique qui était à la fête et que les supporteurs gallois étaient largement moins nombreux que les Belges en tribunes. Mais en battant la Belgique (3-1) au cours d’un match splendide, les Dragons gallois ont offert à leurs fans un cadeau inattendu et une performance historique. Une de plus.

Après leur difficile victoire face à l’Irlande du Nord (1-0) en huitièmes de finale, les coéquipiers de Gareth Bale ne partaient pas favoris face à la Belgique, qui avait croqué la Hongrie (4-0) au tour précédent. Ce sont pourtant les Gallois qui iront affronter le Portugal, mercredi 6 juillet à Lyon, au terme d’un match haletant et parfois fou.
Il existe deux raisons principales qui peuvent expliquer que l’on souhaite voirune équipe aller le plus loin possible dans un tournoi. La première, l’ambiance que peuvent créer les supporteurs dans les stades et dans la ville. A ce jeu-là,départager les deux équipes de la soirée relevait du crève-cœur. Les Gallois étaient en infériorité numérique à Lille, devenue une onzième province du royaume de Belgique en ce vendredi. Mais ils chantaient leur hymne, Hen Wlad fy Nhadau (« Vieux pays de mes ancêtres ») avec tant de ferveur qu’on imagine que certains ont dû en frissonner dans leurs tombes du côté de Cardiff. Les Belges, eux, offraient à leur sélection la sensation de jouer à domicile.

Des airs de match de boxe

Le deuxième critère, celui du jeu, sembla d’abord pencher en faveur des Diables rouges, insolents de talent et de facilité durant le premier quart d’heure. Dès la 7e minute, les hommes de Marc Wilmots se créaient une triple occasion. A la réception d’un centre de Romelu Lukaku, Yannick Carrasco reprenait le ballon puissamment. Sa frappe, repoussée par le gardien Wayne Hennessey, revenait dans les pieds de Thomas Meunier, qui voyait sa tentative annihilée par une jambe d’un défenseur gallois. Enfin, Eden Hazard héritait d’une dernière opportunité, détournée en corner. L’action était sublime. Et le meilleur restait àvenir, lorsque Radja Nainggolan héritait d’un ballon anodin de Hazard aux 25 mètres. La frappe surpuissante du milieu de l’AS Rome allait se nicher dans la lucarne droite de Hennesey. Le gardien gallois ne pouvait qu’effleurer la balle (12e).
Les Gallois, eux, semblaient complètement dépassés, sauf au classement des cartons jaunes. Tour à tour, Ben Davies (5e), James Chester (16e) et Chris Gunter (24e) se distinguaient. Un premier raid solitaire de Gareth Bale, en contre-attaque, se concluait par une frappe dans le petit filet d’un Thibaut Courtois pas vraiment inquiet (9e). Le match paraissait trop déséquilibré. Et pourtant. Les Belges se firent-ils anesthésier par leur propre sentiment de supériorité ? Toujours est-il qu’ils reculèrent, laissèrent la balle à leur adversaire et la partie sembla prendre des airs de match de boxe. Voyant que les Belges n’arrivaient pas à les mettre K.-O., les Gallois décidèrent de rendre les coups.
Un premier avertissement venait avec un centre d’Aaron Ramsey, très bon sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy, repris par Neil Taylor. Mais Courtois était attentif et repoussait d’une main ferme (25e). Le deuxième uppercut gallois fut fatal, lorsque le capitaine Ashley Williams venait reprendre de la tête un corner, entre Jason Denayer et Jordan Lukaku, les deux maillons faibles de la défensebelge, dont on se rappela alors qu’ils ne comptaient que 11 sélections à eux deux avant le coup d’envoi. Thomas Vermaelen, suspendu, et Jan Vertonghen, blessé, manquaient cruellement. En tribunes, les fans des Dragons exultaient, eux qui n’avaient cessé de chanter, même quand leur équipe était menée.

Ben Davies et Aaron Ramsey suspendus

Le premier acte avait été un régal, et offrait la promesse d’une soirée à suspense. Au début de la seconde mi-temps, la Belgique, qui, avec la rentrée de Marouane Fellaini à la place de Carrasco, avait densifié son milieu de terrain, semblait reprendre la partie à son compte, à l’image de cette tête trop décroisée de Romelu Lukaku (47e) ou de cette frappe trop enlevée de Kevin De Bruyne (48e). Mais ce sont les Gallois, sur une contre-attaque, qui prenaient l’avantage. Sur un centre d’Aaron Ramsey – auteur de sa deuxième passe décisive de la soirée, et désormais en tête du classement des passeurs avec Hazard (4) – l’attaquant Hal Robson-Kanu mystifiait deux défenseurs belges d’un râteau inattendu avant de tromper Courtois (55e). Revenaient en écho ces paroles prononcées jeudi par Chris Coleman, le sélectionneur gallois : « Je ne pense pas que la Belgique va changer quelque chose à sa manière de jouer. C’est une équipe portée vers l’avant, très offensive. Après, si on regarde les statistiques, j’ai quelques chiffres pour vous. Les Gallois ont marqué 8 buts dont 5 en contre-attaque et 2 sur coups de pied arrêtés. » Madame Irma n’eût pas dit mieux : un but sur corner, un autre en contre-attaque.
Les Belges, dans leur jeu à réactions et par à-coups, reprenaient leur domination. Les centres se faisaient dangereux, comme sur cette tête de Fellaini (74e). Lukaku puis Nainggolan se laissaient tomber dans la surface de réparation, mais sans obtenir de coup de sifflet de l’arbitre, le Slovène Damir Skomina. Et, sur une énième contre-attaque, Chris Gunter centrait pour Sam Vokes. Entré en jeu quelques minutes plutôt, l’attaquant de Burnley, en deuxième division anglaise, plaçait une superbe tête, hors de portée de Thibaut Courtois (86e).
En demi-finales, face au Portugal, les Gallois seront condamnés à un exploit, et devront faire sans deux de leurs cadres, Ben Davies et Aaron Ramsey, suspendus après avoir récolté un deuxième carton jaune. Mais les exploits, les Dragons s’y sont habitués ces dernières semaines. Cristiano Ronaldo est averti.

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